L’essentiel à retenir
- Définition : le maillage interne est l’ensemble des liens entre les pages d’un même site ; il guide l’exploration de Google, transmet l’autorité et indique l’importance relative des pages.
- Le principe : les pages qui reçoivent le plus de liens internes, depuis des pages elles-mêmes bien liées, avec des ancres descriptives, sont celles que Google juge importantes.
- Le levier gratuit le plus sous-exploité : aucune dépendance à des sites tiers, effet mesurable en quelques semaines.
- Audit : profondeur de clic, pages orphelines, répartition des liens, ancres, via un crawler.
Le maillage interne désigne les liens qui relient les pages d’un site entre elles : menu, fil d’Ariane, liens dans le texte, blocs « articles connexes », pied de page. C’est le levier SEO le plus accessible, parce qu’il ne dépend que de vous, et l’un des plus négligés : la plupart des sites de PME ont des pages stratégiques reliées par un seul lien de menu et des articles orphelins. Cet article donne les règles, la méthode d’audit et les corrections.
Ce que les liens internes transmettent
- La découverte : Google explore le site en suivant les liens ; une page sans lien entrant (orpheline) n’est trouvée que par le sitemap et explorée rarement.
- L’autorité : le PageRank circule par les liens, internes compris. Une page d’accueil qui reçoit des backlinks redistribue son autorité aux pages qu’elle lie.
- La pertinence : le texte de l’ancre (« audit SEO complet ») indique à Google le sujet de la page cible.
- La hiérarchie : les pages les plus liées sont lues comme les plus importantes ; c’est ce qui fait qu’une page service se classe plutôt qu’un article de blog sur la même requête.
- Le parcours utilisateur : un lien contextuel au bon endroit prolonge la visite et mène à la conversion.
Les huit règles
| # | Règle | Pourquoi |
|---|---|---|
| 1 | Toute page stratégique est accessible en 3 clics depuis l’accueil | La profondeur réduit l’exploration et l’autorité transmise |
| 2 | Aucune page orpheline | Une page sans lien entrant n’est presque jamais explorée ni classée |
| 3 | Les ancres décrivent la page cible | « En savoir plus » ne transmet rien ; « structurer ses pages locales » transmet le sujet |
| 4 | Les liens dans le corps du texte priment sur ceux du menu et du pied de page | Google pondère les liens contextuels davantage que les liens de gabarit |
| 5 | Chaque page lie vers son parent, ses sœurs et ses enfants (silo) | Concentre l’autorité par thème ; voir le cocon sémantique |
| 6 | Les pages qui reçoivent des backlinks lient vers les pages à faire monter | Redistribue l’autorité externe là où elle rapporte |
| 7 | Une seule cible par intention | Deux pages liées avec la même ancre se cannibalisent |
| 8 | Liens en HTML simple, sans nofollow interne, sans redirection | Un lien en JavaScript ou vers une URL redirigée perd une partie de son effet |
Auditer le maillage d’un site
- Crawler le site avec Screaming Frog (gratuit jusqu’à 500 URL) : exporter pour chaque page la profondeur de clic, le nombre de liens internes entrants (« Inlinks ») et sortants, et les ancres.
- Repérer les orphelines : comparer les URL du sitemap ou de la Search Console avec celles trouvées par le crawl. Les URL présentes dans la Search Console mais absentes du crawl sont orphelines.
- Croiser avec la valeur : lister les pages stratégiques (services, catégories, pages locales, guides à fort potentiel) et regarder leur nombre de liens entrants et leur profondeur. Une page service à 2 liens entrants et 4 clics de profondeur est le problème typique.
- Analyser les ancres : les liens vers une page stratégique portent-ils des ancres descriptives et variées, ou uniquement « cliquez ici » et le libellé du menu ?
- Identifier les pages fortes : dans la Search Console (rapport Liens) ou un outil de backlinks, les pages qui reçoivent le plus de liens externes ; ce sont les meilleures sources de liens internes.
- Vérifier la technique : liens vers des 404, chaînes de redirection, liens en JavaScript, nofollow internes ; voir les codes de réponse HTTP.
Corriger : les actions par ordre de rendement
| Action | Effet | Effort |
|---|---|---|
| Ajouter des liens contextuels depuis les pages fortes (accueil, articles à backlinks) vers les pages stratégiques | Fort, en 2 à 6 semaines | Faible |
| Relier les articles de blog aux pages services qu’ils préparent, avec ancre descriptive | Fort sur les pages services | Faible |
| Remonter les pages stratégiques à moins de 3 clics (menu, blocs de l’accueil, catégories) | Fort | Moyen |
| Ajouter un bloc « articles connexes » ou « pour aller plus loin » cohérent par thème | Moyen, régulier | Faible si automatisé |
| Corriger les liens cassés et redirigés | Moyen | Faible |
| Réorganiser en silos (catégories, sous-catégories, URL) | Fort à long terme | Élevé, avec redirections |
Pour un site de PME de 50 à 300 pages, la première ligne du tableau suffit souvent à faire bouger les positions : 3 à 5 liens contextuels bien placés vers chaque page service, depuis les pages les plus visitées et les mieux liées.
Les erreurs à éviter
- Le pied de page avec 60 liens : dilue l’autorité, et Google en tient peu compte.
- Les ancres exactes répétées à l’identique sur tout le site : préférez des variantes naturelles.
- Les liens automatiques sur chaque occurrence d’un mot : illisibles, et plusieurs liens vers la même cible dans un texte n’apportent rien de plus que le premier.
- Le maillage uniquement vers l’accueil : c’est la page qui en a le moins besoin.
- Les pages « hub » sans contenu qui servent seulement à lier : Google les traite comme des pages minces.
Mesurer l’effet
Notez la date des modifications et suivez, dans la Search Console, les impressions et la position moyenne des pages ciblées sur 8 semaines, ainsi que leur fréquence d’exploration (rapport Statistiques sur l’exploration). Les positions bougent en général entre la deuxième et la sixième semaine. La méthode de suivi est décrite dans suivre ses positions SEO, et le maillage s’intègre dans l’audit SEO complet.
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Questions fréquentes
Combien de liens internes par page ?
Il n’y a pas de nombre optimal. Comptez 3 à 10 liens contextuels dans un article de 1 000 mots, placés là où ils aident le lecteur, plus les liens de navigation. Au-delà de 100 liens sur une page, Google en pondère moins chacun ; c’est le cas des pieds de page et des méga-menus surchargés.
Le maillage interne peut-il remplacer les backlinks ?
Non. Le maillage redistribue l’autorité que le site possède déjà ; les backlinks l’augmentent. Un site sans lien externe ne montera pas grâce au maillage seul. Mais un site qui a des backlinks et un mauvais maillage gaspille son autorité, et c’est le cas le plus fréquent.
Faut-il utiliser nofollow sur les liens internes ?
Non. Le nofollow interne n’économise pas d’autorité, il la perd. Réservez-le aux liens sortants sponsorisés ou non maîtrisés. Pour les pages sans intérêt SEO (mentions légales, connexion), laissez les liens en dofollow et gérez l’indexation par noindex si nécessaire.
Un plugin de liens automatiques est-il une bonne idée ?
Avec prudence. Les plugins qui lient chaque occurrence d’un mot produisent des ancres identiques et des liens hors contexte. Un bloc « articles connexes » choisi par thème, ou une liste de liens rédigée dans le corps du texte, donne de meilleurs résultats. L’automatisation convient pour les blocs de fin d’article, pas pour les liens dans le texte.